l’Élan de la Lenteur, le film

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À l’affiche très bientôt !

Quand les Lents d’Amérique font la fête et savourent…
Qué ça donne en couleur?
Ça donne des chéris qui comptent sur leur doigts
Un, deux, trois, près?
Vraiment près l’un de l’autre?
OUI !  OUI !
Comme des phalanges souriantes
la pulpe plein les bras
Ils se donnent des baisers qui baillent
et se parlent tout bas.
Chut, chut ne le répétez pas :
Pour les Lents d’Amérique, la durée marche à petits pas.

(Avril 2012 – Bernard Dubreuil)

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Voici quelques textes au long court pour vous inspirer
la journée de la lenteur. Slow mots présentés par

les« Lents d’Amérique» pour la lente journée de la lenteur.

Escargot téméraire

La Journée que nous organisons est en fait une réponse à la performance débridée que d’aucuns attendent de nous, ainsi qu’à la solitude et à l’isolement. Seulement en ralentissant, en adaptant notre rythme à celui de l’autre pouvons-nous communiquer. La lenteur est ainsi un partage, une condition sine qua non à la communication. Elle est aussi un choix, un point de vue que l’on défend, une marque de respect envers soi-meme. Elle est aussi indépendance, confiance dans ses capacités personnnelles. Nul besoin de se dépêcher pour damer le pion à son voisin. On existe et cela suffit. On possède tout le temps nécessaire et la seule présence de l’autre suffit.

Le temps presse

Le temps presse et j’oppresse
Les compresses ne m’apaisent
et le poids de la goutte
une seconde ne se compte
Car de fil en aiguille
l’heure ne perd plus son temps
en avant les savants grugent le présent
Le temps presse
Car l’air qui souffle sur les déserts
seconde à seconde s’écoule le sable déroutant les sabliers
Le temps presse
Car sur ma pelouse
je marche sur des ventouses
pour ne pas piler sur le nid des fourmis
ni les araignée ne seront écrasées
je baigne ma rage
dans le déferlement fluvial
de mes tempêtes lacrymales
Le temps presse
à demeurer dans mon abri durant la pluie
je vacille sur la balance du chien savant
pesant le pour et le contre.
Zazalie z.

Sans titre…

Je ne suis pas vite
ni pour répliquer
ni pour accuser
Je cherche le sens
là où il n’y a rien à comprendre

Je suis lente
pourtant je fais ce que j’ai à faire
comme une ombre essentielle
du paysage quadrillé

Je traîne
une clé
des mots à raturer
des schismes intérieurs
des trouvailles abîmées
un train d’images
classées X ou B
une mémoire d’os à l’Alizé

Je ne peux voir le monde
que de mon point de vue
fragmenté, multiplié
sans cesse aiguisé
par le regard des autres
J’arrive

Irène Mama Mayer
14 juin 100101

Tao tö king

(extrait)
Tout le monde s’échauffe et s’exalte
Comme s’il festoyait au cours d’un grand
Sacrifice,
Ou qu’il montât sur les terrasses du Printemps.
Moi seul reste imperturbable
Comme un nouveau-né qui n’a pas encore
Ri.
Moi seul j’erre sans but précis
Comme un sans-logis.
Tout le monde a sa richesse,
Moi seul parais démuni.
Mon esprit est celui d’un ignorant
Parce qu’il est très lent.
Tout le mon de est clairvoyant
Moi seul suis dans l’obscurité.
Tout le monde a l’esprit perspicace,
Moi seul ai l’esprit confus
Qui flotte comme la mer, souffle comme le
Vent.
tout le monde a son but précis,
Moi seul ai l’esprit obtus comme un paysan.
Moi seul, je diffère des autres hommes
Parce que je tiens à téter ma Mère.

Lao-tseu